Les chevaux ont-ils froid comme nous?

Question débattue tout au long des forums dédiés aux propriétaires de chevaux. Mettre une couverture, rentrer les chevaux (en box ???), tondre pour éviter la transpiration (???), que faire, que ne pas faire? Il existe bien sûr des éléments pour répondre à la question de base: mon cheval a-t-il froid? Elles se basent sur l’observation du comportement du cheval, sur l’analyse de ses possibilités de choix personnels, sur le profil du cheval et son mode vie: jeune, vieux, seul ou en troupeau…

Mais cette question interroge autant notre façon de « penser » notre animal. De quels processus disposons-nous, au fond, pour appréhender l’altérité?

L’anthropomorphisme, « tendance à attribuer aux animaux et aux choses des réactions humaines »,  nous pousse à essayer de comprendre l’autre en nous basant sur nos ressentis, nos émotions, nos façons de penser. Bien qu’il soit souvent décrié comme un vilain défaut,  qu’avons-nous d’autre pour comprendre les autres individus? Nous ne pouvons partir que de ce que nous… sommes. Les températures chutent? Nous ressentons le froid. Et notre animal? L’anthropomorphisme, qui nous questionne au départ de nos perceptions, est un bon point de départ. A condition simplement d’en sortir avant de tomber dans… l’anthropocentrisme.

L’anthropocentrisme est le système ou l’attitude qui place l’humain au centre de l’univers et qui considère que toute chose se rapporte à lui. L’anthropocentrisme enferme la question selon les critères de perceptions humains: j’ai froid, donc mon cheval a froid. Dans ce système, l’autre est nié. Sa réalité est méconnue. Seule compte celle de l’humain. Et cela, c’est vraiment préjudiciable pour nos animaux.

Comment donc ne pas y glisser? Il semble qu’une bonne piste est d’avoir des élément d’informations qui nous permettent de comprendre les besoins de l’autre. Pour les humains, nous avons (en principe) la parole. Pour les animaux, n’oublions pas qu’ils ont aussi un langage! Leur corps tout entier s’exprime: sons, regards, frissons, mouvements… Ensuite, il est important d’observer l’animal dans un environnement où il peut au maximum exprimer ses besoins et les satisfaire lui-même. Dans un grand pré avec abri, le cheval choisira l’endroit à l’abri du vent qui lui plait. Tandis qu’en box, ce n’est pas lui qui pourra demander qu’on referme la porte pour éviter les courants d’air…

Avec ces observations, un peu de bon sens et d’humilité, et une bonne connaissance de l’animal et de ses besoins physiologiques, il vous sera alors facile de répondre à l’entêtante question: mon cheval a-t-il froid? En sachant que la bonne réponse est celle qui correspondra à votre cheval.

A bientôt pour vous parler d’un autre mot bizarre: l’anthropo-déni… Une nouvelle notion qui nous parle encore de nos relations aux êtrres vivants…

 

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